" Coup de gueule " d'un petit fleuriste
J’ai lu dernièrement dans « le Point » un article sur la chaine de magasins « Monceau fleurs »
C’est une très belle réussite commerciale, je connais le magasin du parc monceau, c’est inimaginable de voir le choix proposé, surtout en plante d’extérieur, et ce qui me surprend toujours c’est la foule qui se presse dans ce magasin. C’est incroyable de voir ces clients avec leurs belles voitures, qui se posent dans la contre-allée, font leur choix tout seul, apportent leurs bouquets ou plantes sur la banque d’emballage où, d’un geste rapide, mais sans aucun sourire, l’employée leur roule dans un papier ordinaire . Lorsque je pense à l’exigence des clients dans les boutiques traditionnelles, cela me laisse rêveur ! Chiffre d’affaires annoncé pour 2006 de cette boutique : 6,5 millions d’euros en 2006.
Revenons à cet article, qui dit tout de même « … l’accueil
n’est pas toujours celui dont on peut rêver. Et les fleurs piquent souvent du
nez un peu vite. Tant pis, l’axe stratégique de l’entreprise n’est pas là ….. ».
Bienvenue aux clients, l’accueil …, la tenue des fleurs …Ce n'est pas l'axe stratégique de la Sté.
Drôle de façon de concevoir le métier. Mais ce qui m’a fait bondir, c’est un peu plus loin à
propos des indépendants (nous petits fleuristes) : « Ce sont
eux qui n’ont pas su s’adapter aux évolutions du commerce, ils ont vécu comme
des rois pendant des années, en faisant des marges énormes….. »
NON Mr Amar, j’ai vécu 42 ans dans les fleurs, J’ai vu des
fleuristes qui aimaient leur métier, qui aimaient les fleurs, qui aimaient
leurs clients, qui les respectaient, qui cherchaient à se perfectionner, qui
ont évolués de façon spectaculaire, passant d’un monde paysan, dans le sens
noble du terme, au monde de la décoration florale.
C’est vrai nos fleurs sont plus chères que dans ces libres –services,
mais nous n’avons pas les mêmes débits,donc pas les mêmes prix d’achat. Par
contre nous apportons un service de proximité, des conseils et pour beaucoup d’entres
nous, nous nous attachons à acheter des produits locaux, en évitant autant que
possible les fleurs importées des pays lointains (Kenya, Colombie, Equateur et
d’autres encore), fleurs cultivées dans des conditions très discutables :
écologie non respectée, conditions de travail déplorables (voir les articles
sur les sites en lien en annexe).
En 42 ans je n’ai rencontré aucun « roi
de la fleur ». C’est un métier qui demande beaucoup de travail, beaucoup
de passion, beaucoup d’heures de présence. Si l’on calcule nos revenus en les divisant par
le nombre d’heures passées ça ne peut être en aucun cas notre motivation
première.
Amis consommateurs, vous pouvez acheter quelques fleurs dans ces libres-services pour faire une petite décoration chez vous ou un petit cadeau, mais, choisissez bien votre bouquet, ne demandez pas de conseils, les pauvres vendeuses ne connaissent souvent que peu de choses des fleurs et plantes.
Réservez votre préférence à vos fleuristes de quartier : En grande majorité, ils connaissent leur métier, ils connaissent les fleurs et plantes qu’ils vous proposent et sauront vous conseiller.
Je suis à la retraite, mais je me considère et me considèrerais toujours comme un fleuriste.
Tous les libres services et grandes surfaces vendent des fleurs d'importation. Lisez les articles suivants, ils me mettent très mal à l'aise :
Pas de roses sans épines au Kenya
Commentaires