Pour une revue professionnelle (CEDAGE-INFOS) j'ai écrit un article sur le métier de fleuriste, ou plus précisémment sur l'évolution du métier de fleuriste. je vous en fais profiter :
"Le métier de fleuriste est une profession en perpétuel renouvellement.
Depuis l’époque romaine des couronnes de lauriers, en passant par les vendeuses
de bouquets de violettes de Toulouse on a toujours offert des fleurs pour tous les
événements de la vie. C’est un métier difficile, très physique, mais très
artistique et combien enrichissant. A travers nos bouquets nous
fleurissons toutes les étapes de la vie
et si ce métier a beaucoup changé, les fleuristes, compétents qui ont su
s’adapter sont toujours présents.
Lorsque j’ai passé mon C A P en 1967 après 3 années d’apprentissage, le métier de
fleuriste avait des règles très strictes que l’on devait impérativement
respecter : La hauteur des fleurs devait être calculée par rapport au
contenant. Un coussin devait avoir
exactement 57, 81 ou 109 fleurs (des
œillets très souvent). Pour un mariage on ne devait employer que des fleurs
blanches et pour offrir un bouquet toujours des fleurs claires pour une
personne jeune et de plus en plus foncées à mesure
que l’âge avançait. Il
fallait respecter les codes de bonnes manières pour écrire le texte d’une carte
de visite ou son enveloppe. Tout était très strict et codifié. Le choix des
fleurs et des plantes était réduit, nous recevions nos fleurs par le train
depuis Nice dans de grandes corbeilles en canisses, des roses, dont les
célèbres « baccara », beaucoup d’œillets, des glaïeuls, des bottes
d’asparagus. Nous vendions de nombreux bouquets de 5 ou 7 œillets agrémentés
d’une branche d’asparagus. Pour confectionner les pièces de..
deuil, nous utilisions des moules en paille. Il fallait monter chaque fleur
sur un pique que les apprentis découpaient dans les canisses. Pour les
corbeilles de mariage (les belles corbeilles blanches avec une anse ou les nids)
nous utilisions de la terre glaise pour maintenir les fleurs. La mode était aux
jardins japonais, ces arrangements de plantes grasses avec des petits
personnages en plastiques et les graviers de couleur. Pendant plusieurs années
j’ai fait les livraisons à vélo, même des couronnes mortuaires, nous mettions
un lien pour les accrocher sur le corbillard, ce qui me permettait de le tenir
avec ma main gauche sur mon épaule et j’avais la couronne dans le dos, ce
devait être très surprenant de me voir.
Puis de nouveaux produits sont arrivés : La mousse florale mouillable qui
a complètement changé notre façons de travailler, la cellophane a remplacé le
papier cristal pour les emballages, les agrafeuses ont définitivement mis au
rebut les épingles. Un livreur est arrivé en même temps qu’une 4L fourgonnette.
De nouvelles fleurs ont été cultivées et mises sur les marchés, le marché gare
de Lyon a été créé alimenté par de nombreux grossistes et des producteurs régionaux, dans le même un temps un grand
producteur d’orchidées nous livrait des orchidées en direct de Nantes. Des
produits Hollandais ont commencés à être distribués et l’offre de fleurs a vraiment
commencé a s’étoffer. Au fil des années, grâce à ces nouveaux matériaux et ces
nouvelles fleurs les modes ont changé, 1968 était passé par là pour les
fleuristes aussi. Je me souviens en 1970 ou 72 nous avons commencé à mettre plus de couleurs dans les fleurs de mariages,
la mode était aux teintes pastelles, puis nous avons fait nouvelles formes de bouquets très grands, très
épurés. Nous enfermions les fleurs dans des boîtes rhodoïdes transparentes, surtout
les très belles orchidées mauves, les Cattleyas, ce fût notre spécialité pendant
un moment. Nous vendions beaucoup de plantes, de très grandes plantes. Nous
avions beaucoup d’azalées magnifiques, cultivées avec patience et beaucoup de
soins, pour les fêtes de fin d’année nous en vendions des dizaines et des
dizaines. Le syndicat des fleuristes a commencé a proposer des cours d’art floral, sur le mariage, le deuil, la vente. Ce
syndicat était très actif, animés par des jeunes enthousiastes qui sont devenus
de grands fleuristes réputés et certains sont encore en activité.
Dès le début des années 80 nous avons entendu parlé des grands fleuristes
parisiens qui faisaient de grands décors pour fleurir les défilés de mode, le
groupe d'art floral de la société INTERFLORA a commencé à faire parler de lui.
Il nous proposait des formations très ciblées, sur les couleurs, les textures,
Nous avons commencé à faire des bouquets ronds. Les fournisseurs Hollandais
sont devenus beaucoup plus agressifs, ils sont arrivés avec leurs camions dans
toutes les grandes villes pour vendre en direct leurs produits qui arrivaient
du monde entier. Les orchidées arrivaient par avions des pays d’Asie. Les
grandes surfaces ont créé des rayons fleurs. Nos méthodes d'achats ont
changé : Les premiers cash & carry de fleurs et d'accessoires ouvraient
leurs portes. La mode se met à évoluer de plus en plus vite, En 1997 un
fleuriste lyonnais, Gilles Pothier, monté à Paris ouvrir une boutique, devient
champion du monde. On ne compte plus les nouvelles
boutiques ateliers qui éclosent partout, elles veulent être de petites
parcelles de campagne où se mêlent brassées de fleurs fraîches, feuillages et
branches, plantes potagères et autres objets de décoration. Ces boutiques qui
mêlent parfois les fleurs, la paille, les vieux meubles, disparaîtront aussi
vite qu’elles étaient apparues .On parle
de design floral, certains fleuristes ne vendent que des fleurs blanches, d’autres
qu’une seule variété de fleur, il faut vendre des bouquets épurés des mélanges
fleurs et légumes, des fleurs exotiques qui ne résistent pas à nos chauffages. Finis
les codes et les règles, on peut et
l’on doit tout se permettre, nous employons
des matériaux comme le fil de fer, ou l’acier, des contenants en zinc, des verreries colorées, des mousses de couleur
qui ne se cachent plus, nous remplissons nos vases avec de la gélatine de
couleur. Nous collons les fleurs sur des supports, il nous arrive de les
suspendre à l’envers, nous disposons des fleurs courtes dans des grands vases
et l’inverse, des fleurs à grandes tiges dans des petits contenants ! Les
emballages sont devenus soient très sophistiqués avec papiers de soie rubans et
cellophane, soient très minimaliste, une simple feuille de papier kraft et du raphia.
Aujourd’hui,
le marché de la fleur est complètement bouleversé, mais entre les fleuristes
« haut de gamme » et les distributeurs de bouquets il reste un
créneau, celui du fleuriste traditionnel qui est passionné par les fleurs, qui
a su faire évoluer sa boutique, la mettre au goût du jour et je sais que bon
nombre d’adhérents du CEDAGE en font partie. Ils savent s’adapter, se former, chercher
des idées, sortir de leur boutique, et
surprendre leurs clients par leur imagination.
Si chaque homme, chaque jour, jetait une fleur sur le chemin de son
prochain, les routes de la terre seraient tellement plus agréable .
Proverbe chinois "
bonjour, je vouler vous laissez un comentaire pour vous remercié, pour l'epreuve de mon cap de fleuriste j'ai eu un dossier histoire et geographie en temp que passionée de mon metier j'ai choisi l'evolution du metier de fleuriste pour l'histoire. et mon examinatrice a choisie de m'interogée sur ce sujet: 15 min d'oral je suis restée 25 min dans la salle et elle a ma demander de garder mon dossier ! grace a votre temoignage j'ai obtenu une note de 17 ! merci merci et encore merci !!! je pensse que votre temoignage fera beaucoup d'heureuses !
Rédigé par : léah | 14/09/2010 à 01:02
Merci pour cet article, pour mon dossier c'est parfait merci bcp, pouvez vou en dire plus quand même ?
Rédigé par : Mathiiiiilde | 03/02/2010 à 22:17
tombé par harsard sur cet articles pour contruir un dossier pour ma 2eme annee de CAP et je ss tomber sur un vrai trésor merci beaucoup.
Rédigé par : sophie | 22/04/2009 à 19:46
je fé un docier sur les fleur plus préssi l'évolution des fleuriste merci si quelqu'un c quelque chose merci
Rédigé par : sophie | 11/01/2008 à 10:02
JE MONTE UN DOSSIER SUR LES ORIGINES DU METIER DE FLEURISTE ET J4AIMERAIS EN SAVOIR PLUS .
MERCI
Rédigé par : NATHALIE | 01/05/2007 à 20:07
je remercie la personne qui à écrit cet article, je suis en 2emme année de cap, et je doit constuire une dossier sur l'évolution du métier de fleuriste, et j'ai choisis la voiture de marier je souhaiterais votre aides pour me donner queleque information. merci.
Rédigé par : virginie | 26/12/2006 à 17:19
Merci de vos commentaires.
Cette évilution c'est faite sur plus de 40 ans et la vie a beaucoup changé .
Je regrette de n'avoir aucune photo de cette époque, ça devait être très amusant de voir ces couronnes sur un vélo, mais c'était normal dans ces années là.
Nostalgique , un peu, c'est vrai, j'arrive bientôt à la retraite, regarder derrière jusqu'aux années 60 ...... c'est beaucoup, vous verrez ....
Rédigé par : Joel | 05/05/2006 à 08:56
Et bien, quelle rétrospective intéressante.
C'est marrant de voire à quel point les choses évoluent. Qui sait ce qui nous attend pour demain !
Je vous imaginais avec votre couronne sur le dos, spectacle qu'on ne verait plus aujourd'hui !
J'ai ressenti beaucoup de nostalgie quand vous racontez votre histoire.
Rédigé par : Nathalie | 04/05/2006 à 22:43
j'ai ete tres interessée par cette note.Quelle évolution dans ce métier de fleuriste!
Rédigé par : evelyne | 04/05/2006 à 18:27